Leaders africains : Que l’arrêt des viols en situation de conflit soit votre priorité au 20e Sommet de l’Union africaine

Addis-Ababa – 26 janvier 2013

Les organisateurs de la Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit demandent à l’Union africaine de s’attaquer de façon prioritaire aux viols en situation de conflit lors de son 20e Sommet.

« La violence sexuelle est un des plus grands obstacles à la paix et à la sécurité », de dire la récipiendaire d’un prix Nobel de la paix, Jody Williams (États-Unis), coprésidente de la Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit. « Jusqu’à ce que nous prenions un engagement pour mettre fin aux viols et aux autres formes de violence fondée sur le sexe, nous ne pourrons pas bâtir des collectivités saines et sécuritaires qui contribuent au développement économique et permettent aux femmes et aux fillettes d’atteindre leur plein potentiel. »

Une délégation de 25 membres de la Campagne de tout le continent, dirigée par Mme Williams, se réunit à Addis-Ababa avant le Sommet afin de souligner la nécessité pour les dirigeants africains de faire preuve de leadership pour mettre fin aux viols en situation de conflit.

La réunion des chefs d’États au cours du 20e Sommet de l’Union africaine a lieu dans la capitale de l’Éthiopie les 27 et 28 janvier. Une grande partie du Sommet se concentrera sur les récentes poussées de violence, y compris en République démocratique du Congo, la querelle frontalière continue entre le Soudan et le Soudan Sud, et la récente guerre au Mali. Le viol est considéré comme un comportement tellement banal des conflits au Soudan et au Mali, ainsi qu’en République démocratique du Congo et d’autres pays en Afrique. Certains pays qui sont enfin en situation de paix, comme le Libéria, restent aux prises avec le viol comme une réalité quotidienne et constante des femmes.

La Campagne demande à l’Union africaine d’agir collectivement, et aux États membres de prendre leur propre initiative — afin de prévenir les viols, de protéger leur population  et de poursuivre les personnes responsables de violence fondée sur le sexe.

« Nous entendons de nombreuses promesses de nos leaders quant à l’importance de mettre fin à la violence faite aux femmes. Ces politiciens doivent maintenant faire un choix : agir ou ignorer les engagements », de dire Pauline Kamau, directrice générale du Green Belt Movement du Kenya. « Nos leaders doivent faire preuve de leadership et démontrer qu’ils ont le bien-être futur de l’Afrique et des femmes africaines en tête. »

En République démocratique du Congo, des femmes sont encore une fois sur les lignes de front de la violence alors que la rébellion du M23 menace l’Est. Le nombre de femmes et de fillettes attaquées est en hausse alors que la région discute d’une intervention militaire.

Il y aura des élections en mars au Kenya, et la population craint que la violence postélectorale de 2007-2008 refasse surface. La violence est souvent motivée par l’origine ethnique et les femmes sont la première cible de cette dernière. Les attaques ont déjà commencé, et ce, bien avant les élections.

La guerre civile au Mali est une menace directe pour la sécurité des femmes, alors qu’elles sont à nouveau la cible de la violence sexuelle. Alors que les Maliennes se réfugient dans les pays voisins, elles sont vulnérables face aux attaques sexuelles dans les camps de réfugiés.

Au cours de cette occasion historique que représente le 20e Sommet de l’Union africaine, il est temps que l’Union africaine introduise un réel changement pour les femmes, et ce, au niveau de la base. La protection des femmes doit être à l’avant-plan du programme et l’Union africaine doit tenir les États membres responsables de la sécurité de leurs propres populations.

La Campagne demande à chaque chef d’État qui participe au Sommet de l’Union africaine de faire preuve de leadership pour mettre fin aux viols en situation de conflit — dans leur propre pays, dans leur région et sur le continent.

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 Personnes-ressources pour les médias :

Joan Kiambati
Africa Practice
jkiambati@africapractice.com
+251 924 909324

Zuzia Danielski
Coordonnatrice intérimaire
Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit
zdanielski@stoprapeinconflict.org
+251 933 021136

www.stoprapeinconflict.org/francais

La Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit est dirigée par les récipiendaires d’un prix Nobel de la paix de la Nobel Women et un comité consultatif composé de 25 organisations qui travaillent aux niveaux international, régional et communautaire pour mettre fin aux viols.

Depuis son lancement en mai 2012, plus de 600 organisations de partout dans le monde se sont jointes à la Campagne. La Campagne demande un leadership politique précis pour prévenir les viols en situation de conflit, protéger les civils et les survivantes de viols et la justice pour toutes et pour tous — y compris la poursuite efficace des personnes responsables.

 

Note aux rédactions

Les viols en situation de conflit ne sont pas un phénomène nouveau. L’accès à un plus grand nombre de données, à une recherche plus poussée et à une meilleure visibilité dans les médias, nous permet cependant de démontrer la nature générale de la violence fondée sur le sexe dans le monde entier. Le viol n’est plus considéré comme étant une partie inévitable d’un conflit armé—la preuve montre que le viol est utilisé comme arme stratégique pour détruire les gens, les collectivités et des pays entiers.

La violence fondée sur le sexe est une arme tactique utilisée par les forces de sécurité des États et les groupes armés. Elle comprend le viol, l’esclavage sexuel, la grossesse forcée, la stérilisation, la mutilation et l’insertion d’objets dans les cavités. Dans le droit international, le viol et la violence fondée sur le sexe sont considérés comme étant un crime contre l’humanité et un crime de guerre. Le viol peut être un crime de génocide.

Les motifs des viols et de la violence fondée sur le sexe liés à des conflits sont variés—allant de motifs tactiques à des motifs personnels. Le viol est souvent utilisé pour détruire les frontières sociales et culturelles des collectivités, le viol collectif peut être utilisé pour créer de la cohésion au sein des unités militaires, il peut être utilisé pour assurer la terreur chez l’ennemi ou pendant un pillage.

Le viol est encore souvent utilisé comme arme une fois la paix négociée, alors que les nombreuses personnes prenant part aux conflits luttent pour être démobilisées et reprendre leur vie les uns avec les autres—craignant encore souvent de nouveaux affrontements. La violence fondée sur le sexe continue d’entraîner des conséquences énormes pour les survivantes et les collectivités dans les années qui suivent l’attaque et le conflit. Des problèmes médicaux, comme des maladies transmises sexuellement ou une fistule gynécologique, ne font qu’accroître le traumatisme psychologique.

La délégation communiquera le message ci-dessous aux dirigeants de l’Union africaine :

  • Un leadership fort et urgent aux niveaux local, national, régional et international afin de prévenir les viols, la violence fondée sur le sexe et les situations de conflits, et y mettre fin;
  • Une augmentation importante des ressources pour la prévention et la protection ainsi que pour la guérison psychosociale et physique des survivantes, de leurs familles et de leurs collectivités, y compris des efforts concertés pour que les survivantes voient les stigmates s’effacer;
  • La justice pour les victimes, y compris la poursuite des auteurs aux niveaux national, régional et international, et une réparation complète pour les survivantes.

Fin

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The International Campaign to Stop Rape & Gender Violence in Conflict
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