Les promesses de respect des droits de la personne en République démocratique du Congo ne doivent pas être oubliées alors que le Sommet de la Francophonie se termine à Kinshasa

Ottawa, Canada – 15 octobre 2012

Alors que l’Organisation internationale de la Francophonie conclut son 14e Sommet dans la capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, la Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit exhorte les États membres qui ont préparé le dossier troublant sur les droits de la personne dans ce pays et l’ont mis en lumière – particulièrement les nombreux cas de viols et de violence fondée sur le genre – à ne pas partir en laissant des promesses vides d’espoir et de changement.

Ce Sommet a lieu tous les deux ans. Celui de cette année, en République démocratique du Congo, a permis aux leaders des pays francophones de souligner publiquement les graves abus contre les droits de la personne perpétrés par le gouvernement congolais et les pays voisins, à l’encontre des civils congolais, particulièrement les femmes et les fillettes.

À la veille du Sommet, le Groupe d’experts des Nations Unies – à qui le Conseil de sécurité avait donné comme tâche de fournir de l’information sur le conflit en cours dans l’est du Congo - a présenté son rapport final. Le Groupe a conclu que le Rwanda, un État membre de la Francophonie, fomente une mutinerie au sein de l’armée congolaise, la rébellion M23, en lui fournissant des armes et de l’entraînement.

La récente rébellion M23 a entraîné une hausse importante de la violence dans les provinces de l’est du Congo, et les cas de viol et de violence fondée sur le genre ont grimpé en flèche dans la région. Un membre important de la rébellion M23 est le leader rebelle Bosco Ntaganda, qui est toujours libre alors qu’un mandat d’arrêt a été émis par le Cour pénale internationale. En défiant ce mandat d’arrêt, le gouvernement congolais a encouragé l’impunité des viols et a permis l’escalade de la violence dans le pays.

« Cette année, j’opère encore une fois des femmes dont les parties génitales ont été détruites à la suite d’un viol ou d’autres atrocités. Il y a de nombreuses femmes qui survivent à peine, et les viols se poursuivent. La saison des pluies arrive à grands pas à Nord-Kivu et la vulnérabilité des femmes augmente », de dire le Dr Denis Mukwege de l’Hôpital de Panzi.

Au Sommet, des leaders internationaux comme le président français François Hollande et le premier ministre canadien Stephen Harper ont souligné les cas continus de violence fondée sur le genre dans le pays, ainsi que le faible engagement du gouvernement congolais à mettre fin aux viols.

Nous avons accueilli avec joie l’annonce de l’octroi d’un montant de 18,5 millions de dollars canadiens par le Canada à la fin du Sommet pour soutenir les survivantes de viols au Congo, et nous encourageons tous les États membres de la Francophonie à prendre des mesures pour s’assurer que les viols et la violence fondée sur le genre en République démocratique du Congo cessent et que cela demeure une priorité une fois que les leaders seront de retour dans leur pays, y compris la demande de responsabilité pour le rôle que le Rwanda a joué dans cette violence continue.

De la province de Sud-Kivu, dans l’est du Congo, Susannah Sirkin, directrice adjointe de Médecins pour les droits de l’homme et membre du Comité consultatif de la Campagne a dit ceci :  « L’Hôpital général de Bukavu et d’autres endroits stratégiques, ne dispose d’aucune trousse de prélèvement dans les cas de viol malgré un personne médical dévoué et prêt à améliorer les soins offerts aux survivantes de violence sexuelle. Le personnel médical et les personnes impliquées dans la provision de la justice pour les victimes travaillent dans un climat d'insécurité et souvent, de l'intimidation. Toutefois, de plus en plus de survivantes demandent justice et poursuivent leurs agresseurs devant les tribunaux locaux. Les obstacles sont incroyables, mais la jeune énergie que nous avons connue ici au cours de la dernière semaine est inspirante et offre de l’espoir. »

Nous exhortons les États membres de la Francophonie à travailler avec les femmes et les hommes courageux au niveau de la base qui risquent leurs vies pour soutenir les survivantes de viols et qui, chaque jour, demandent justice et la fin du cycle de violence en République démocratique du Congo.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les viols et la violence fondée sur le genre en République démocratique du Congo, consultez le site Web de la Campagne à http://www.stoprapeinconflict.org/francais.

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Personne-ressource auprès des médias :

Zuzia Danielski
Consultante en communication
Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit
zdanielski@stoprapeinconflict.org
613-263-0661
613-569-8400, poste 116

www.stoprapeinconflict.org/francais

La Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit a été créée à l’initiative de lauréates du Prix Nobel de la paix de la Nobel Women’s Initiative et d’un comité consultatif composé de 25 organisations travaillant aux niveaux international, régional et communautaire pour mettre fin aux viols.

Depuis son lancement en mai 2012, plus de 600 organisations de partout dans le monde se sont jointes à la Campagne. Cette dernière demande un leadership politique urgent et audacieux pour empêcher les viols en situation de conflit, protéger les civils et les survivantes de viol et assurer la justice pour toutes et pour tous – y compris des poursuites judiciaires efficaces des responsables.

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The International Campaign to Stop Rape & Gender Violence in Conflict
1 Nicholas Street, Suite 430, Ottawa, ON K1N 7B7 Canada    Phone: +1.613.569.8400    Fax: +1.613.691.1419

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