Le viol, l'esclavage sexuel et la flagellation : une situation de crise pour les femmes au Soudan

Un nouveau rapport affirme que des organisations locales de femmes ont besoin d'une aide urgente

(Ottawa—6 décembre 2013)

Les Soudanaises sont confrontées à une crise de violence sexuelle dont on ne voit point la fin. C'est la conclusion d'un nouveau rapport publié aujourd'hui par la Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit et qui documente l'omniprésence de la violence sexuelle faite aux femmes dans tout le pays et qui souligne le travail important qui est fait par les survivantes et les militantes pour mettre fin à la crise.

Les survivantes s’expriment : la violence sexuelle au Soudan explique en détail les viols, l'esclavage sexuel et d'autres formes de violence sexuelle dont sont victimes les femmes au Soudan. Le rapport expose une situation humanitaire en vertu de laquelle les femmes qui rapportent avoir été violées sont régulièrement menacées, emprisonnées et, dans certains cas, contraintes à l'exil. Les survivantes de violence sexuelle se voient activement refuser l'accès à la justice et au traitement médical, tandis que les militantes qui luttent pour leurs droits sont régulièrement dénoncées et harcelées.

« Les femmes qui travaillent localement pour aider les survivantes de violence sexuelle le font en secret, et elles ont désespérément besoin de l'aide de la communauté internationale », de dire Walaa Salah, une militante pour la paix et les droits des femmes basée à Khartoum. Mme Salah mentionne que « les auteurs de violence sexuelle agissent en toute impunité alors que l'appareil judiciaire du Soudan fait en sorte que les femmes sont doublement victimisées ».

Les femmes qui rapportent avoir été victimes de violence sexuelle ont le fardeau de prouver qu'elles ont été violées et, souvent, elles sont accusées d'adultère, une offense punissable de flagellation et de mort par lapidation si la femme est mariée. Le gouvernement du Soudan rejette carrément l'existence de violence sexuelle à l'égard des femmes et harcèle les femmes ou les organisations qui travaillent à mettre fin à la violence.

Les survivantes se sentent de plus en plus isolées. En 2009, de nombreuses organisations internationales qui offraient des services aux femmes ont été expulsées du pays. Depuis, on refuse effectivement aux survivantes les services médicaux et psychologiques dont elles ont grandement besoin. Quelques-unes peuvent se tourner vers des organisations de la base dirigées par des femmes qui travaillent dans l'ombre pour aider les femmes.

« Malgré les dangers, on ne réduira pas les femmes au silence », de dire Diana Sarosi, de la Nobel Women’s Initiative. Les survivantes et les militantes des droits des femmes au Soudan travaillent sans relâche pour réformer les lois discriminatoires. Selon Mme Sarosi, « les survivantes de violence sexuelle de toutes les régions du Soudan s'unissent et vont au-delà de leurs frontières dans le but de créer un environnement plus sécuritaire pour les femmes. »

Le rapport demande à la communauté internationale d'offrir un soutien plus direct aux militantes des droits des femmes qui combattent la violence sexuelle au Soudan. Afin d'offrir aux survivantes et aux militantes le soutien dont elles ont besoin, l’ampleur de la crise invisible doit être déterminée grâce à une recherche plus poussée et à la collecte de données. Le rapport demande également un meilleur accès aux régions en conflit, y compris une visite du pays par la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes de l’ONU, Rashida Manjoo. Finalement, le rapport demande que le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale contre le président Omar Al-Bashir soit appliqué afin qu'il puisse subir son procès pour ses crimes de guerre contre le peuple du Darfour.

 

Télécharger le rapport complet en anglais ici.

Télécharger le rapport complet en arabe ici.

 

Télécharger le résumé en français ici.

- 30 -

For the press release and executive summary in English.

Download the press release in Arabic. | Download the executive summary in Arabic.

 

Pour plus d'informations

Rachel Vincent,
Director of Media & Communications
Phone +1 613-569-8400 ext.113
Mobile +1 613-276-9030
rvincent@nobelwomensinitiative.org

 

Zuzia Danielski
Online Media & Outreach Coordinator
Phone +1 613-569-8400 ext. 114
zdanielski@nobelwomensinitiative.org

La Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit est dirigée par des lauréates d'un prix Nobel de la Paix de la Nobel Women’s Initiative et un comité consultatif composé de 25 organisations qui travaillent aux niveaux international, régional et communautaire pour mettre fin aux viols. Depuis son lancement, en mai 2012, plus de 700 organisations de partout dans le monde se sont jointes à la Campagne. La Campagne demande un leadership politique puissant et urgent pour empêcher les viols en situation de conflit et protéger les civiles et les survivantes de viol, et elle demande la justice pour toutes, y compris la poursuite efficace des responsables.

 

La Nobel Women’s Initiative utilise le prestige du prix Nobel de la Paix et des femmes courageuses lauréates d’un prix Nobel de la Paix pour accroître le pouvoir et la visibilité des groupes de femmes qui travaillent à l’échelle mondiale pour la paix, la justice et l’égalité.

 

 

Do you like this post?
Sign in with Facebook, Twitter or email.
The International Campaign to Stop Rape & Gender Violence in Conflict
1 Nicholas Street, Suite 430, Ottawa, ON K1N 7B7 Canada    Phone: +1.613.569.8400    Fax: +1.613.691.1419

Created with NationBuilder